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Atmosphere

Atmosphere - When Life Gives You Lemons...

...Tu embellis cette vie avec de l'or

When Life Gives You Lemons...
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Posté Ven 09 Mai 2008
Overcast ! avait déjà dessiné les pourtours de la formation originaire de Minneapolis, c’était en 1998 déjà… Un Hip Hop résolument porté vers l’émotion avec comme préoccupation fondamentale une construction de narrations subtiles. Le premier album est un classique, tout comme le suivant d’ailleurs et encore le suivant… Compliqué de faire ressortir LE disque majeur du groupe qui a effectué un travail homogène de bout en bout s’inscrivant sans trop de difficultés parmi les meilleurs acteurs de l’Underground. Slug reprend dès lors son micro en retrouvant une décontraction qui est la sienne et le producteur Ant quant à lui se charge de donner vie à des compositions sans nul autre pareil. En effet, bien malin celui qui trouvera des disques teintés d’une texture sonore identique à la psychologie de la formation… Si ce n’est le curieux fouineur en quête d’atmosphères peu reconnues.

When Life Gives You Lemons, You Paint That Shit Gold (Rhymesayers) représente le sixième effort des Atmosphere et est certainement l’un des plus réflexifs de leur carrière. Slug s’est chargé de mettre sur pied des séances de Storytelling bouleversant comme quand il relate le dur combat que doit livrer une jeune maman qui apprend qu’elle est atteinte d’une maladie cardiaque (« Dreamer »). Au-delà de cette constatation gravissime, la fille se devra de prendre acte de ce handicap et de défier les maintes épreuves qui minent son existence : enfanter convenablement sa progéniture, essayer de surmonter la crise que traverse son noyau familial. On se rend compte au fil des rotations que Slug attache une grande importance à ériger des analyses individuelles pertinentes (« The Waitress »), à décoder ces frictions que nous vivons tous une fois que l’on établit un contact communicatif avec autrui, comme sur l’immaculé « Wild Wild Horses » qui prend l’exemple la métaphore des chevaux sauvages à mettre en parallèle avec l’étonnante complexité des échanges amoureux. La psychologie s’affine en psychanalyse (le thème de l’enfant joue un rôle de premier choix dans cet opus) sur « Me », un instant très poignant que l’on ressent à écouter cette tragique histoire d’un garçon qui rencontre la fille de ses rêves, on suit les différents stades de sa transformation en tant qu’adulte et simultanément, il y a une évolution amoureuse qui deviendra plus forte… Un enfant est le fruit de cette union quand le père a à peine atteint l’âge de 21 ans et c’est à partir de ce point que le cauchemar débute, car sa compagne se désolidarise de la relation et on assiste impuissant à l’enchaînement d’événements imprévus.

Les textes sont poussés, mais rien ne pourrait être aussi percutant sans le talent de Slug à manipuler les mots avec une si grande maîtrise. Il fait partie de ces MC qui couvrent plusieurs niveaux comme un flow très posé (il peut devenir ravageur sur les anciens albums) qui s’adapte à la rythmique (« Shoulda Known »), qui se transforme sans gêne aucune en chant à de nombreuses reprises (« The Skinny », « You », « Your Glass House »). Donc Slug sait comment moduler sa présence en fonction de ce que propose son collègue Ant, ce qui forme dès lors une complicité importante qu’entretiennent les deux hommes. Le point culminant de cette compréhension mutuelle peut être mis en pratique par le mélodique et envoûtant « Painting », sorte de grand tableau que l’on se constitue dans notre mental. Le rappeur devient un pinceau très chargé en peintures de couleurs différentes, il en découle de ce titre une juxtaposition de pessimismes, de philosophie… Un instant qui échappe aux lois du temps où la création artistique est mise en valeur sans mettre de côté l’émotion bien entendu. Textuellement, on atteint des niveaux insoupçonnés et il serait bien criminel de notre part de ne pas vous faire partager ce court extrait :

Ain't no colour paint gonna cover the stains/The pictures on the wall will all remain/And even though he's home now sounding safe/Surrounded by the faces that he place his faith/ The images visit from the past he witnessed/Can't stay away from the memories, sticks with each detail embedded in stone like he chiseled stoves convictions into his bones/The progress stops and pauses spits and sputters like the basement faucets and it's obvious he's lost in his regrets, you can smell it on his breath.

Ain't no colour paint gonna cover the stains/but now the alcohol is gonna mother the pain/Tuck it away, no complaints just laying on his back on his backyard under the rain/Take tomorrow but doesn't no how though for every swallow there's another to follow/He weaves his way throughout the story looking for a new missing piece or a door key/ Spirits used to be for celebration/But now they just take him away from the hell that's waiting/Re-up until it's three sheets up and pick a place for the skeletons to meet up.


Ant a fait des merveilles comme souvent, ceux qui ont suivi les dernières aventures de Brother Ali sur son album The Undisputed Truth savent à quoi s’en tenir : un mélange judicieux des genres avec cette touche avant-gardiste si particulière. Ant dévoile dans le travail réalisé un étonnant minimalisme laissant de côté les éléments sonores du résultat final. Paradoxalement, cette approche paye, car elle alimente une œuvre déjà fortement ancrée dans une ambiance lourde et affirmée. Directement ce parti pris nous éclate en pleine figure dès l’ouverture tout en douceur « Like The Rest Of Us ». Un beat, une boucle de piano… Et c’est tout ! Ah, peut-être un ajout de guitare électrique en fond, mais il ne faut pas surcharger l’ensemble au risque de froisser l’ambiance. On retrouve cet art de la suffisance sur le massif « Puppets » illustré par des chœurs communicatifs, « Yesterday » et les mises en avant exclusives de la guitare sur « Me » et « Guarantees ». Un conservatisme artistique assumé qui sublime indirectement les textes portés sur la méditation. « Skinny » joue à contre sens en mettant en avant ses basses prédominantes dopées à l’amphétamine, de manière identique le lancinant « Shoulda Known » et sa rythmique millimétrée nous laisse entrevoir que la gestion des domaines « expérimentaux » n’est pas un défi pour le producteur. On pourrait aussi parler de « Your Glass House » et sa nappe électronique grasse qui descend aussi bas que les basses fréquences ou encore « Wild Wild Horses », la production la plus saturée de l’album qui met en exergue des saxophones syncopés.

Beaucoup moins autobiographique que les précédents opus, When Life Gives You Lemons, You Paint That Shit Gold est une réussite incontestable par les talents conjugués de nos deux compères, mais aussi grâce à une approche si particulière des choses que le retour à cet album en devient addictif. Des textes sensés, un charisme certain de Slug, une vision toujours aussi enrichissante… Il n’en faut pas plus pour confirmer qu’Atmosphere est bel et bien un groupe qui ne cesse de gagner en puissance sur la scène underground depuis 10 ans maintenant.

N.B. : il existe une version Deluxe qui contient un livre d’une quarantaine de pages où sont illustrées des histoires d’enfants écrites par Slug lui-même et un DVD Making Off.
Ma note : 9
Posté Ven 09 Mai 2008
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Tracklist

01. Like the Rest of Us
02. Puppets
03. The Skinny
04. Dreamer
05. Shoulda Known
06. You
07. Painting
08. Your Glass House
09. Yesterday
10. Guarantees
11. Me
12. Wild Wild Horses
13. Can't Break
14. The Waitress
15. In Her Music Box
Posté Sam 10 Mai 2008
Toujours aussi bien t'es chro' nass'
Pour moi le meilleur album de ce début d'année sans conteste !!
Une seule track que j'ai pas aimé "you"
Dans les points positifs , bah tout le reste , diversité des sonorités ,variétés des sujets abordés,lyrics et voix parfaite, calme , volupté , quelques touches de piano , ou juste une légère guitare, ou plus sombre parfois , des beats à la perfection .
Souvent slug parle du contexte familliale "Yesterday" pour un père ,"In her music box" pour une petite fille , de facon introspective et avec une certaine mélancolie ou plus ouverte et joyeuse
Vraiment excellent comme album , très immersif , on prend plaisir a écouter et réécouter
Ma note : 10
Posté Sam 10 Mai 2008
je connais juste de nom mais la chro' ma donné super envie de l'écouter, je sais déja que je vais aimer, quels skeuds d'eux je dois prendre en priorité???

Sinon merci pour la chro' :good: ça va me permettre de découvrir un truc
Posté Sam 10 Mai 2008
Bon vas falloir que j'ecoute ça :D , bonne chro nass'.
Posté Sam 10 Mai 2008

ba prend les tous ils sont tous excellents comme le disait Nass' ,perso je kiff God loves ugly et You can't imagine how mutch fun we having
Posté Sam 10 Mai 2008

ok je vais me faire ces deux la + le nouveau pour commencer

deux bonus tracks pour ceux que ça interresse!!!
Posté Lun 19 Mai 2008
arf j suis impatient de le recevoir celui-là... comme le roots d'ailleurs, que j'attends depuis longtemps, merci caiman :rolleyes:
par contre ta chronique me fait redouter un album un peu trop basé sur des émotions tristounettes... ce qui n'est pas le style que je préfère de la part de Slug, MC que j'adore quand il est bien féroce et gueulard, qui est aussi bon dans un registre plus soft mais pour moi ça passe mieux au compte-gouttes... on verra ça, j reviendrai en donner des nouvelles ;)


la même c'est mes 2 préférés
Posté Lun 19 Mai 2008
une pure tuerie!!!!
Ma note : 9
Posté Lun 19 Mai 2008

D'abord, je tiens à remercier the $park qui m'a fait découvrir cet album il y a de cela un mois... (je me suis procurer la version deluxe mec !)
Ceci dis, je suis d'accord sur la chro' de Nass : un très bon album, que ce soit lyricalement que musicalement...de plus, un très bon début dans les charts US...heureux pour eux !!!!

PS : Ca donne envie d'écouter les précédents !
Ma note : 10
Posté Lun 19 Mai 2008
Atmosphere, J'adore. Tout simplement.
Des sons trés variés, une bonne imagination de la part de Slug.

Mes tracks préférées, et que je conseille d'écouter en boucles:
- Dreamer
- Wild Wild Horses (" Horses, You can't tame his horses ...)
- In Her Music Box (Trés belle chanson)
Ma note : 10
Posté Lun 19 Mai 2008
Un album coup de coeur rien a ajouter de plus !
Ma note : 9
Posté Lun 19 Mai 2008
grosse surprise...
j'ai découvert cette sortie en matant les scan des ventes, et il m'a bien fait kiffé, j'lai meme commandé.
atmosphere a tjrs plutot bien vendu mais je ne m'y été jamais interessé, jvais allé voir du coté de leurs anciens opus je pense
Posté Lun 19 Mai 2008
Un peu en rupture avec le style que le duo a défendu jusqu'à maintenant, mais dans la même veine si l'on considère cette sortie sur le strict plan de la qualité. C'est toujours du premier choix, et un réel plaisir de retrouver ce combo complémentaire et bourré de créativité. A placer dans la foulée de You can't imagine how fun we're having (qui s'est carrément bonifié avec le temps) dans la discographie bien remplie et rondement menée des deux compères. A noter que leur afflux de productivité des dernières années n'est pas pour nous déplaire, l'accélération des sorties ne nuisant aucunement à la qualité, qui reste intacte.
Ma note : 9
Posté Mar 20 Mai 2008
La plus grosse sortie 2008 pour moi pour l'instant, ça va être dur à détrôner!
Ma note : 9

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