Rap2K : Rap, Hip Hop

BORSALINO PRESENTE : 50 COUPLETS LEGENDAIRES

1234 ... 5
Répondre
Posté Sam 26 Oct 2013

Salut. Ca fait longtemps que je voulais rédiger ce dossier qui consiste à présenter 50 couplets qui ont marqué le rap français, tant par leur technique que par leur impact, leurs punchlines, le flow qui va avec et tout le bordel. J’ai fait avec ce que je connais en matière de rap donc normal que certains rappeurs manquent à l’appel. J’ai essayé de mettre un max d’artistes avec le minimum de couplets chacun, j’invite les autres à balancer les couplets qui les ont marqué comme ceux que je posterai m’ont marqué. Je ne poste que des couplets d’une durée raisonnable pour le différencier du morceau lui-même donc pas de « 28 Décembre 1977 » ou de « Génération Sacrifiée » Enjoy.

Ali – Les Bidons Veulent Le Guidon (1996)

Avant d’incarner la facette spirituelle de Lunatic, Ali en incarnait le côté hardcore avant Booba qui incarnait le côté street/player/hustler. Sur ce freestyle d’anthologie, Ali se démarque par sa brutalité et ses allitérations avant d’enchaîner sur un passage qui se retrouvera sur « Les Vrais Savent » un an plus tard.

Yeah, yeah 96 fils
J'ai baissé ma garde, dressé ma droite
Placé mon poing sur sa face, cassé son nez
Pressé la gâchette, laissé l'ennemi
Dans le sang blessé, démuni d'énergie
Dressé une corde pour lui passé autour de son cou
Hissé son corps dans le vide
Glissé une lame dans ses intestins
Massé les hématomes, pansé les plaies
Dansé sur sa tombe, baissé

Tu me diras pourquoi autant de haine cousin ?
Regarde autour de toi ici tout est malsain
Le mal s'installe à chaque coin de rue
Du H.L.M. du 13ème jusqu'aux boyaux des tours de béton

Toujours les mêmes scènes : les flics entretiennent la haine
Comme les X-Men j'ai la vision, oublie tes bijoux et ton vison
Surveille ta maison
, la plupart des frères perdent la raison
Que vas-tu faire ?

Armageddon arrive, Armageddon arrive, fils ...

Ali – Avertisseurs (2000)

Au sommet de leurs art, les deux Lunatic laisse libre court à leur plumes sombres à mi chemin entre l’enfer et le paradis. Ali se démarque de son compère par sa foi en Dieu imbrisable et par son écriture aussi légendaire que travaillée.

Issu d'un peuple averti,
Prends le relais dans un monde perverti.
7 réparti parmi les cieux, 3 pour l'homme,
Soit la somme du corps, de l'esprit et de l'âme
La rue nous a été donnée pour domaine,
A chacun son langage propre, rares se comprennent.
Preuve de la malédiction descendue sur Babel
Chacun pour soi dans l'éphémère,
Et l'Éternel pour tous ceux qui ont foi en sa bénédiction.
Nos récits trop souvent incompris
Non pas pour notre mauvaise diction.
Ceux dont les yeux n'ont vu de la vie que distraction
Diront que notre science est fiction,
Leur vision reste étroite comme le panorama d'un pénitent,
Aussi restreinte que la tolérance d'un extrême-droite militant.
La vérité reste la vérité, l'esclavage en Afrique a été cautionné par le Vatican,
Mais on reste pratiquants, délinquants
Et gens pieux se mêlent à nos rangs.
Issus d'un peuple averti
Prends le relais dans un monde où les pervertis
Oublient que l'air et l'eau plus que l'or sont précieux,
Croient avoir le contrôle de la Terre et des cieux,
Dans leur vanité,
Se prennent pour des divinités.
Ne voient-ils pas le nom de leur Seigneur calligraphié près de leurs lobes,
Juste de quoi méditer.

Akhenaton – L’Ecole du Micro d’Argent (1997)

Ce classique du rap français ouvre magistralement le bal d’un album culte de chez culte où les MC d’IAM se livre au « rap samourai » et aiguisent leurs plumes guerrières pour couper des têtes. Littéralement habité par son rôle, AKH se déchaine.


Mon sabre scintille, je médite, accroupi sous les branches d'un saule
Pleures, je défends l'honneur de mon école, fils
Le troisième oeil scrute le terrain, la tactique
A pratiquer, pour balayer l'ennemi, statique
Physiquement, les déplacements furtifs
De l'essence de mon esprit élabore les bases de ma stratégie
Donc je me dresse dans les cliquetis, bardé d'armes
J'ai une armée entière sous le charme
Prête à mourir, à la gloire de mon étendard
J'ai rassemblé la clique des valeureux guerriers barbares
Dare-dare, j'ai envoyé paître les lettres
Pourchassé les traîtres, selon l'enseignement de mes maîtres
Sans relache, je crache des cendres
Et poursuivrai les massacres jusqu'à ce que le nom d'AKH soit légende
Car le soldat, guerrier alpha, est adroit
Et lance l'assaut là sur l'école du micro en bois
La bataille a débuté, tiens ce coup vient
D'un expert à la guerre, vaillant praticien des arts matiens
Délégué pour mettre un terme à ces horreurs
Tel est mon labeur, tu sais de qui je défends l'honneur

Mes favorisLino
Lino
Arsenik
Arsenik
Ministère A.M.E.R
Ministère A.M.E.R
Borsalino95 : "95 partie nord, j'comprends les négros d'Baltimore"
Posté Sam 26 Oct 2013

Akhenaton – Demain C’Est Loin. (1997)

Monstrueux du début à la fin, AKH et Shurin’N concluent leur plus grand chef d’œuvre par un morceau d’exception qu’on ne présente plus. 4 minutes de 30 de figures de style en tout genre, de multi-rimes en rafale, les images du portrait du côté sombre de Marseille se succèdent. Rarement Akhenaton n’aura montré autant d’aisance et de verve au micro.

Dans les constructions élevées,
Incompréhension, bandes de gosses soi-disant mal élevés,
Frictions, excitations, patrouille de civils,
Trouille inutile, légende et mythes débiles.
Haschisch au kilo, poètes armés de stylo,
Réserves de créativité, hangars, silos,
Ça file au bloc 20, pack de Heineken dans les mains,
Oublier en tirant sur un gros joint.
Princesses d'Afrique, fille mère, plastique
Plein de colle, raclo à la masse lunatique,
Économie parallèle, équipe dure comme un roc,
Petits Don qui contrôlent grave leur spots.
On pète la Veuve Cliquot, parqués comme à Mexico,
Horizons cimentés, pickpockets, toxicos,
Personne honnêtes ignorées, superflics, Zorros,
Politiciens et journalistes en visite au zoo.
Musulmans respectueux, pères de famille humbles,
Bafflent qui blastent la musique de la jungle.
Entrées dévastées, carcasses de tires éclatées;
Nuée de gosses qui viennent gratter.
Lumières oranges qui s'allument, cheminées qui fument,
Parties de foot improvisées sur le bitume,
Golf, VR6, pneus qui crissent,
Silence brisé par les sirènes de la police.
Polos façonnable, survêtements minables,
Mères au traits de caractère admirables,
Chichon bidon, histoires de prison,
Stupides divisions, amas de tisons.
Clichés d'Orient, cuisine au piment,
Jolis noms d'arbres pour des bâtiments dans la forêt de ciment,
Désert du midi, soleil écrasant,
Vie la nuit, pendant le mois de Ramadan.
Pas de distraction, se créer un peu d'action.
Jeu de dés, de contrée, paris d'argent, méchante attraction,
Rires ininterrompus, arrestations impromptues,
Maires d'arrondissement corrompus.
Marcher sur les seringues usagées, rêver de voyager.
Autoradios en affaires, lot de chaînes arrachées,
Bougre sans retour, psychopathe sans pitié,
Meilleurs liens d'amitié qu'un type puisse trouver.

Génies du sport faisant leurs classes sur les terrains vagues,
Nouvelles blagues, terribles techniques de drague,

Individualités qui craquent parce que stressés,
Personne ne bouge, personne ne sera blessé.
Vapeur d'éther, d'eau écarlate, d'alcool,
Fourgon de la Brink's maté comme le pactole,
C'est pas drôle, le chien mord enfermé dans la cage,
Bave de rage, les barreaux grimpent au deuxième étage.
Dealer du haschisch, c'est sage si tu veux sortir la femme.
Si tu plonges, la ferme, y'a pas drame.
Mais l'école est pas loin, les ennuis non plus.
Ça commence par des tapes au cul, ça finit par des gardes à vue.
Regarde la rue, ce qui change? Y'a que les saisons.
Tu baves du béton, crache du béton, chie du béton.
Te bats pour du laiton, mais est-ce que ça rapporte?
Regrette pas les biftons quand la bac frappe à la porte.
Trois couleurs sur les affiches nous traitent comme des bordilles.
C'est pas Manille OK, mais les cigarettes se torpillent.
Coupable innocent, ça parle cash, de pour cent,
Oeil pour oeil, bouche pour dent, c'est stressant.
Très tôt, c'est déjà la famille dehors, la bande à Kader,
Va niquer ta mère, la merde au cul, ils parlent déjà de travers.
Pas facile de parler d'amour, travail à l'usine.
Les belles gazelles se brisent l'échine dans les cuisines.
Les élus ressassent rénovation ça rassure,
Mais c'est toujours la même merde, derrière la dernière couche
De peinture, feu les rêves gisent enterrés dans la cour.
A douze ans conduire, mourir, finir comme Tupac Shakur.
Mater les photos, majeur aujourd'hui, poto,
Pas mal d'amis se sont déjà tués en moto.
Une fois tu gagnes, mille fois tu perds, le futur c'est un loto.
Pour ce, je dédie mes textes en qualité d'ex-voto.
Mec, ici, t'es jugé à la réputation forte.
Manque toi et tous les jours les bougres pissent sur ta porte.
C'est le tarif minimum et gaffe:
Ceux qui pèsent transforment le secteur en oppidum.
Gelé, l'ambiance s'électrise, y'a plein de places assises,
Béton figé fait office de froide banquise.
Les gosses veulent sortir, les "non" tombent comme des massues,
Les artistes de mon cul pompent les subventions dsu.
Tant d'énergie perdue pour des préjugés indus,
Les décideurs financiers plein de merde dans la vue,
En attendant, les espoirs foirent, capotent, certains rappent.
Les pierres partent, les caisses volées dérapent.
C'est le bordel au lycée, dans les couloirs on ouvre les extincteurs.
Le quartier devient le terrain de chasse des inspecteurs
Le dos à un oeil car les eaux sont truffées d'écueils.
Recueille le blé, on joue aux dés dans un sombre cercueil.
C'est trop, les potos chient sur le profil Roméo,
Un tchoc de popo, faire les fils et un bon rodéo.
La vie est dure, si on veut un rêve,
Ils mettent du pneu dans le shit et te vendent ça Ramsellef.
Tu me diras "Ça va, c'est pas trop",
Mais pour du tcherno, un hamidou quand on n'a rien, c'est chaud.
Je sais de quoi je parle, moi, le bâtard,
J'ai dû fêter mes vingt ans avec trois bouteilles de Valstar.
Le spot bout ce soir qui est le King
D'entrée, les murs sont réservés comme des places de parking,
Mais qui peut comprendre la mène pleine
Qu'un type à bout frappe sec poussé par la haine.
Et qu'on ne naît pas programmé pour faire un foin,
Je pense pas à demain parce que demain, c'est loin.

Mes favorisLino
Lino
Arsenik
Arsenik
Ministère A.M.E.R
Ministère A.M.E.R
Borsalino95 : "95 partie nord, j'comprends les négros d'Baltimore"
Posté Sam 26 Oct 2013

Booba – Hommes de l’Ombre (1999)

L’exemple typique que l’homme qu’est Booba n’a pas changé, seulement la manière et la forme. Entre rêves de gloire, street life, cicatrices intérieures d’esclavagisme et mépris profond pour les institutions, Booba impose son style et son portrait de poète maudit que l’argent tant espéré finira par corrompre.

Si ça ne marche pas j'arrête écris sur mes pages à la barette
Je viens d'dehors tout ce que touche devient d' l'or
Et puis c'est re-lou d's'épuiser pour rien, avoue comprenez pas ou quoi j'ai pas que ça à faire renoi
Des vols et tout ça, j'ai lâché préfère des tournées
Mais si t'achête pas mes skeuds frére je devrais y retourner
J'ai pas envie et puis ça me prend la tête, ca m'gonfle
Je veux des lingots et puis une pute à coté de moi quand je ronfle
Bouger à New York City, quitter les Hauts-de-Seine
Dispositif bifton dans l'objectif fils
Six millions de dollars ou de francs
Je m'en fous pour être franc
Tu sais du moment où j'ai du cash monnaie
Et à l'école ils m'disaient d' lire
Voulaient m'enseigner qu' j'étais libre
Va t'faire niquer toi et tes livres
On s'débrouille des négros des crouilles
Des couilles, des embrouilles
Et trop de numéros d'écrous
Ecoute, on m'a détruit, déporté de Gorée
Pendant que les truies font des portées de porcs
D'or et d'argent, mon crew, mon clan, mes agents
Le froid du chrome sur la jambe
J'souflle le monde est flingué
J'm'en bats la race car je sais ça va sauter jusqu'en Alaska
Je suis un d'ses hommes de l'ombre aux pensées sombres
92 artisanale bombe

Booba – Repose En Paix (2002)

Après avoir effectivement gouté au succès et sorti de l’ombre, Booba sonne le glas du rap français en 3 minutes avec sa plume tranchante, sa technique à son meilleur niveau et ses punchlines aussi imagées que mythiques. Un classique.

J'dois marquer mon territoire,
On veut m'empêcher d'pisser
J'arrive sur toi plus vite que les ragots,
Mon argot sous un garot, derrière des barreaux
Les poils hérissés, négro j'vais foutre la merde
Et j'vais m'barrer : comme au lycée
Ici y'a qu'une marée et elle est noire foncée,
Que le hip-hop français repose en paix
Mesdames, messieurs, ici-bas pour représenter
On roule tous à 200, certains ont pété l'essieu
J'ai pas prêté mon style aux salopes,
Mon crew au top, équipé arch'
Et j'baise les garces avec un artop
F.A.U.X.
Débranche, pé-sa en noir avec une faux
J'contourne les MC's à la craie blanche
Le résultat d'une blanche et d'un nègre,
Un coup d'hanche et c'est l'ravin,
Fais pas ton nid sur la branche d'un aigle
J't'ai montré l'Hexagone du doigt du shit sous un ongle,
J'suis la belle vie sous un autre angle
Faut pas t'inquiéter
Le monde est nôtre,
Un satellite pour défourailler l'bip
9.2 petit j'te l'répète faut pas t'inquiéter
L.U.N.A.T.I.C.
Y'a qu'la moitié, attend !
Arrache-toi des baffes ou r'ssors de boîte en boitant
Toujours là, avec mes culs-d'jattes et mes Khros, BM
Merco, paraît qu'le métro ça a changé
Ca f'ra pas d'nous des héros
J'm'en bas les reins négro, j'ai les crocs,
J'ai faim du bled et de mon terrain
J'suis v'nu marquer mon temps malgré mon teint
Ni bluff, ni simagrées,
C'est bien des Noirs et des Maghrébins
C'était juste un puzzle de mots et d'pensées,
Que le hip-hop français repose en paix
Y veulent rivaliser, leur truc c'est nul
On est trop haut négro,
Eux y sont p'tits comme une cellule,
Pourtant j'suis qu'une petite vedette
Toujours anti-dèps, insolent, contre les agents, les médailles d'argent
On est v'nus cracher notre haine
Moi et ceux derrière
Ma première parole s'ra la dernière
Depuis mon arrivée, le string du move est trempé
Que le hip-hop français repose en paix.

 

Mes favorisLino
Lino
Arsenik
Arsenik
Ministère A.M.E.R
Ministère A.M.E.R
Borsalino95 : "95 partie nord, j'comprends les négros d'Baltimore"
Posté Sam 26 Oct 2013

Busta Flex – La Ruée Vers Le Roro (1999)

Véritable freestyle personnifié, Busta Flex outshine littéralement son comparse Zoxea dans cet exercice de style improvisé en matraquant ses initiales sur la caisse claire, l’allitération au service du mic. A tel point que le (« « A » comme habile) passe comme une vraie lettre à la poste.

J'pose le B, B comme Brutal sur un Beat Battant,
B comme Beat 2 Boul, Big rappeur de rimes hautes gammes,
B comme Badolo, Black-Blanc-Beur, Black flambeur,
Briscar, Brisphère, Banlieue Nord 9.3. Pour te satisfaire.
J'pose le U, U comme Unique en son genre, Universel,
Uni comme mes gars, Unité dans le rap tu rêves ou quoi.
U comme Usual Suspect, usine à rimes refrè.
U comme Unanimité dans le rap depuis 9.5. Et tu l'sais.
J'pose le S, S comme Sadique, Sciso,
S comme Shen, saisisseur de mic au faux MC,
S comme Saint Denis, Seine-Saint-Denis Style.
S comme Super Flex quand je sens le latex,
Baby prend garde et mouille ton index.
J'pose le T, T comme Terreur, Technicien, T comme Taré,
Têtu, Tèteur de Tétons, Tâteur de Terrain, Tonton, Tacticien,
T comme " Tais-toi quand je parle ! ",
T comme Tueur de Taf et explose comme la TNT.
Né pour t'esquinter.
J'pose le A, A comme Artiste, Animal…Hip-Hop perdu
A comme Habile, Agile, Assidu,
Dans l'taf, passe ou casse, j'Attaque, j'Assure, J'Accélère.
A comme Actuelle force, A comme Authentik frère !
Laisse nous rouler notre posse, moi et Zozo.
Quand j'cause, je nique… Ne-Shai et Zozo,
Ca flatte c'est sûr, alors met l'pied sur la table.
Busta Flex, Zoxea, IV My People, Rien qu'assure mon taf !

Calbo – Chrysanthèmes (1998)

Inspirés par un accident de la route qui a failli leur coûter la vie, Lino et Calbo partent en ballade avec la Mort. Dans la peau d’un délinquant en pleine rédemption que son passé rattrape, Calbo se hisse au niveau de son frère avec ce long couplet rentré dans la légende.

J´ai perdu beaucoup de temps à trainer, à m´faire engrainer,
Par la misère freiner, par la spirale entrainer
Dans des plan foireux, j´ai drainé, la poisse, mené une vie nocturne effréné.
J´ai proné de beaux discours, déconné partout dégainé.
Rengainer ma fougue pour moi n´a pas était facile,
Mais j´ai gagné mon deal avec la vie, maintenant les barres s´empilent.
La ville m´appartient, je pèse, autour de moi je fais le bien,
Je tiens de beaux discours, soutiens l´aveugle, la veuve et l´orphelin.
J´ai beaucoup changé, je me suis rangé, évite le danger,
Plus de facilité à comprendre les gens, donner.
Quand j´ai quelque chose à faire, j´y vais à pied,
Je suis respecté, je n´peux m´en aller malgré les bruits qu´il y a dans cette allée.
Pourquoi je ne la traverserais pas, même si ces gars sont armés,
Je les connais tous, ils sont encore en train de déconner.
Dégommer des pigeons avec de putains de gros flingues chromés,
C´est ma racaille, c´est mon bitume gars, c´est mon tromé.
Je passe mon chemin, mais plus loin mes pas s´alourdissent,
Mes forces me quittent, des milliers de spasmes m´envahissent.
Mon cœur s´est tu, mon corps abrite une balle perdue,
Je suis le partout, têtu, pourquoi je suis passé dans cette rue?
La mort m´a fauché, j´entends la caravane s´approcher,
Je veux m´accrocher, mais c´est trop tard le diable m´a coché.
Je suis parti, putain je ne m´y attendais pas, je n´ai pas préparé,
Mes erreurs pas encore réparées, pour moi c´est fini,
Terminé les beaux gestes, les conneries.
Et si tu veux mon avis, ça tient à rien la vie.

Casey - La Parole Est Mienne (1997)

Mythique de chez mythique (la meilleure pour moi), la compilation L432 proposait ce qui se faisait de mieux en matière de "old-new school". C'est aussi une des premières compilations à présenter des Femcee's dont la "pas-du-tout-masculine" Casey. Techniquement exemplaire, ce morceau avait de quoi faire trembler les meilleurs rappeurs de l'époque.

Quelle aubaine pour une peau d'ébène d'accéder à la scène, quelle veine d'y voir sa parole souveraine anciennement souterraine. Sans censure ou larsen de la clique politicienne, j'y fait les siennes, invoque les cieux que mes frères me comprennent, qu'ils contiennent leur haine, rangent les guns qu'ils dégainent, car c'est avec une science saine que les meilleurs poussent la scène. La gente parisienne peut être mondaine, babylonienne, contrôler l'antenne télé, la bande FM, je sais que mon emblème, ma cause avec haine lui pose problème. Ma couleur, ma colère, ma nature humaine n'est pas vaine, mon âme reste sereine dans cette jungle urbaine, la lutte quotidienne, la parole est reine, donc la parole est mienne.

Mes favorisLino
Lino
Arsenik
Arsenik
Ministère A.M.E.R
Ministère A.M.E.R
Borsalino95 : "95 partie nord, j'comprends les négros d'Baltimore"
Posté Sam 26 Oct 2013

Très bon projet de ta part qui me parait très ambitieux mais surtout surhumain à la vue du titre.

Je n'ai rien contre Ali, c'est un rappeur brillant mais personellement, j'aurais opter pour Booba dans "Avertisseurs" où il est juste monstrueux de la première à la dernière ligne d'après moi. Je suis impatient de voir la suite, en éspérant que tes choix corresponde à mes attentes. 

Si ça peut t'aider ou te faire réfléchir, dans l'immédiat j'ai pensé à un couplet issu de "L'Amour" d'Ideal J, celui de Rohff qui, avec de puissantes métaphores, sortait l'un des plus grands couplets de sa longue carrière, ou encore Melopheelo dans "J'Rap Pour les Mino" qui est totalement inattendu et surprenant d'un point de vue lyrical, et bien entendu celui de Booba dans "La Lettre" avec Ali, l'un des plus emblématiques que j'aurais remplacer par "Homme de L'Ombre" même si ton choix est respectable. 

:good:

Flylo : T R A P S O U L
Posté Sam 26 Oct 2013

J'aime bien ton Topic impatiente de lire la suite :lol::good:

Posté Sam 26 Oct 2013
Bon taff, ça me donne envie de me pencher sur ces morceaux que je ne connais pas si bien que ça.
Mes favorisLady Leshurr
Lady Leshurr
uMaNg
uMaNg
K-Rino
K-Rino
Nasir : Misty Stone/Leelani Leeane/Nyomi Banxxx/Candice Nicole/ Pink/ Skin Diamond/Kapri Styles / Aryana Starr / Jade Nicole/Sierra Banxxx/Coco Pink
Posté Sam 26 Oct 2013

Merci pour les encouragements

En ce qui concerne "Avertisseurs" j'ai pas pris celui de Booba parce que j'en avais déjà cité deux, j'évite de mettre dix mille couplets du meme rappeur pour une plus grande variété, seul un seul rappeur aura droit à trois couplets et ce n'est pas du tout celui que j'ai en avatar :coucou:

Mes favorisLino
Lino
Arsenik
Arsenik
Ministère A.M.E.R
Ministère A.M.E.R
Borsalino95 : "95 partie nord, j'comprends les négros d'Baltimore"
Posté Sam 26 Oct 2013

Tant mieux que ça soit varié, ça laisse de la place pour tout le monde. 

Pour le rappeur à trois couplets, je mise tout sur Oxmo Puccino, ça me parait logique.

Sinon, Hill G, en tout cas t'es obligé de mettre son troisième couplet dans "Retour aux Pyramides" et à moindre mesure son premier dans "C'est Justifiable" mais sinon ça peut être Akhenaton, Shurik'n ou MC Solaar...

Mystère. 

Flylo : T R A P S O U L
Posté Sam 26 Oct 2013

Pour Booba j'aurai mis le premier de "Ma Définition":rolleyes: sinon j'suis d'accord pour "Hommes De L'Ombre" ;).

Si un jour tu fais la même chose pour les refrains, pour Booba tu mets "Le Bitume Avec Une Plume" :good:

Posté Sam 26 Oct 2013

Strocky désole de casser ton délire mais j'étais ironique C'EST  le rappeur que j'ai en avatar

Meilleurs refrains ? Pourquoi pas à l'avenir.

Mes favorisLino
Lino
Arsenik
Arsenik
Ministère A.M.E.R
Ministère A.M.E.R
Borsalino95 : "95 partie nord, j'comprends les négros d'Baltimore"
Posté Sam 26 Oct 2013

Ah, d'accord, mais je comprends quand même ce choix. Si tu ne mentionne pas "La Loi du Point Final" je pique une crise, mais j'aimerais bien savoir si tu t'es basé sur quelque chose d'intemporel ou si ta liste est centré uniquement dans les années 90, du moins en majeure partie ? 

Flylo : T R A P S O U L
Posté Sam 26 Oct 2013

Je me suis basé sur mes goûts personnels, c'est ultra-subjectif je le dis tout de suite. Non pas que des couplets des années 90 y'en aura de 2013 t'nquiète même pas c'est juste que pour l'instant l'alphabet veut qu'il n'y ait que les années 90.

 

Dany Dan – Qu’Est-ce Qui Fait Marcher Les Sages ? (1995)

Légende vivante du micro français, ce grand monsieur (dans tous les sens du terme) que j’ai eu le plaisir de rencontrer du hip hop a pour réputation de plier chaque beat sur lequel il passe. En l’occurrence, le beat de ce ce morceau se fait littéralement découper il a été meilleur lyricalement mais ce couplet me choque toujours autant.

Je frime avec mes bottes
Botte butte les blood clot
Sur le beat je flotte crotte
Sur tes potes si ça me botte
J'ai tellement de peps'
Que j'éclate comme une bulle
Fixe donc mes phrases
Si les tiennes sont ridicules
Je spécule peut-être
Mais j'aurai plein de pécule
Je n'fais jamais de cliché
Je n'suis pas une pellicule
Non aucun stéréotype dans ma bouche
Quelques-uns peut-être sur Babylone
Ou bien les « bains douches »
Et puis c'est tout
Tu sais tout
Le rap est bien mon atout
Je marche pour la gloire
Bientôt on me verra partout
Mon téléphone sonne
Plus de mille fois par journée
Allo ! Et le Dany Dan part en tournée
Faites attention punks et NAV
Dan est sur le paragraphe
Tous les jours mon stylo bave
Pleins de rimes appelées graves
Suis-je fort ou fais-je un mauvais rêve
J'ai déclaré la guerre
À tous ceux qui font la trêve

Mes favorisLino
Lino
Arsenik
Arsenik
Ministère A.M.E.R
Ministère A.M.E.R
Borsalino95 : "95 partie nord, j'comprends les négros d'Baltimore"
Posté Sam 26 Oct 2013

Despo Rutti – Inneregistrable (2010)

A l’origine ce n’était qu’un acapella de 10 minutes bien plus long que la version que nous connaissons tous. A l’écoute du beat de Therapy, Despo condense ses meilleurs phrases en un seul et même texte plus court mais certainement plus marquant. L’artiste du 93 se lâche entre shootouts à la France, humour et lucidité noirs et vérités qui dérangent, ça donne un classique.

Les darons disaient « vas à l'école, le foot ça sert à rien petit »
Ils l'ont regretté quand ils ont vu le salaire de Zizou dans l'Equipe
On arrive à peine a échappé aux gardiens de la paix et à la garde des sceaux
A cause du pilon, on a plus aucune condition
On se ferrait balayer par Gennaro Gattuso à chaque action

Despo Rutt's
Dire la vérité c'est dangerous tah Le Pavé-Neuf
Pour tous les quartiers d'en bas brisés que la France d'en haut a poussé par la fenêtre
Obama, pour moi c'est une banane
Y'a qu'un singe lobotomisé pour chialer devant ce faux symbole
J'attendrai qu'il dégage les intérêts de son bled du mien avant de le trouver sympa

Fuck les MCs New Yorkais qui viennent à Paname
Font des playbacks et bougent dans les afters en nous snobant

Cousin un bif au marabout et mon rap ferait flipper USA comme si j’étais Oussama ou Usain Bolt
La tolérance zéro un concept emprunté à l'ex maire républicain de New-York : Rodolphe Giulianni
L'acharnement policier sur les pauvres t’a peut-être déjà arraché à un membre de ta famille
L'égalité des droits : une grosse escroquerie
Quand les p'tit s'en rendront compte ben ils feront des dingueries
Monsieur l'juge, enfermez les économistes, capitalistes, la pauvreté est un crime

Qu'ils viennent pas m’dire que je les incite
Car si ils savaient comment je retiens les p’tits quand la police nous butent, ils me suceraient la bite
Les renois mettent des chaines en toc c'est naze mais au fond j’m'en bat les couilles
On peut toujours faire mieux mais ça sera toujours mieux qu'une corde du Ku Klux Klan autour du cou

Mon label c'est comme une mine anti-personnel dangerous mais discret cousin
Non, on est mieux qu’les mines anti-personnel après réflexion posée
Soldat sans grade n'acceptera jamais de se faire marcher dessus pour exploser
Quand je revendique, je titille, mon humour est noir comme le trois quarts d'un caïd du banditisme
J’suis moins pro-black que tu le pense
J’n'accorde à mon bled que des vacances, je couche avec des blanches
J'suis condamné à rester dans la merde, me faire pourrir par la frustration puis buter par un frère (bordel)
J'suis condamné à sortir de la merde, me faire saigné par l’ISF puis m’faire buter par mes frères (j’ suis bloqué)

J'ai pas la droit de faire la moral à ceux qui bibi
C'est pas moi qui paie leur loyer, c’est pas moi qui les habilles
C'qui nous sauvera c’est pas l'espoir mais le khalis
Ni fataliste, ni moraliste, j'suis agressivement réaliste
J'commence par dire la vérité, alors que dans ce biz’ la priorité est de d'abord vendre du disque
J'représente la banlieue jusqu'à sa connerie
J'suis un Porsch, j'ai besoin d'mon peuple c'est mon fioul (9-3)
Ces fous ont arraché le droit à nos p'tit de mourir vieux
Bouna, Ziad, Moushine, Larami We love you
J'ai un problème avec les coutumes strictes
Elle m'ont toujours fait ultra mal
J'ai esquivé un coup de schlass pour avoir aimé une non-noir
Les traditions ont fait fuir mon daron quand je n’étais qu'un embryon de 3 mois

J'voulais jouer à cache-cache avec mon daron quand j'attendais ses visites
Il était fort, il gagnait tout le temps bordel c'était l'homme invisible
Ils m'feront même payé ma tombe ces chiens, comme si mon appart ne coutait pas assez cher
Y’aura p’t-être un nazi ou un traitre qui reposera à coté de ma tombe et en vrai c'est un peu embêtant
J’aurais aimé vivre et mourir dans le ventre de ma mère comme un lithopédion
J'demande un permis de construire au Père Lachaise
Vu que les vivants me font chier

Dorénavant pour jeter des fleurs à des hommes, on devra attendre qu’ils s’fassent tuer

 

Mes favorisLino
Lino
Arsenik
Arsenik
Ministère A.M.E.R
Ministère A.M.E.R
Borsalino95 : "95 partie nord, j'comprends les négros d'Baltimore"
Posté Sam 26 Oct 2013
Super topic qui me donne envie de réécouter les morceaux ! Pour les meilleurs hooks obligé celui de Jour 2 Tonnerre d'Arsenik

Charte de bonne conduite des forums