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Kennedy

Kennedy - Cicatrice

Premier album

Cicatrice
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Posté Lun 16 Fev 2009
Après une décennie d’apparitions, parfois avec des artistes déjà confirmés, un maxi et deux mixtapes, le premier album de Kennedy, « Cicatrice », est enfin arrivé ce 9 février.

Ce qui frappe d’abord, c’est l’importante promo que ce disque connaît. En effet, un premier album est fréquemment l’occasion de se faire connaître, en espérant faire monter le buzz, et donc le succès du second album. Or, Kennedy semble être l’archétype de cette nouvelle génération de rappeurs, qui multiplient les featurings et les singles à haute audience avant leur premier gros projet solo. On peut également citer en exemple Casus Belli, ou Seth Gueko, duquel on attend avec impatience l’album. Pour présenter ce disque, de nombreux sites ont donné la parole à Kennedy, ce qui prouve et illustre l’attention portée à cette sortie.

« Ça fait deux ans que t’attendais… » et enfin l’écoute de « Cicatrice » peut débuter. Un ouragan annonce l’entrée dans l’univers de Kennedy. Un déluge de punchlines ? N’exagérons rien : peu de rimes recherchées, et peu de phases accrocheuses. Néanmoins, on relève quelques rimes et images fortes comme « Parti de rien pour finir PDG ; MC j’arrive sur toi comme un TGV ! » ou « Menottes Dior, fusil à lunette Cartier ». Une introduction par l’égo trip, passable finalement, mais l’album ne commence pas au plus haut.

Le morceau suivant, « En même temps », serait original si les parallélismes n’étaient pas devenus à la mode dans le rap français. Le titre « En même temps » revient à la fin de chaque vers, ponctuant une longue liste de couples de comportement ou d’attitudes ambivalentes (« Avoir une femme hallal, mais qu’est-ce qu’on aime les chiennes en même temps ! »), voire antagonistes (à première vue seulement) : « Ne dis pas "la famille", en crachant dans mon dos en même temps ! ». Mention spéciale à cette exception du morceau : « J’ai pris une brune et une blonde, je les ai baisé en même temps ! ».

Le code de la rue a des allures de tables de la Loi vulgarisées et encrassées par le bitume. Kennedy y énonce une suite de conseils pour vivre dans ce qu’on appel « les quartiers difficiles »… Rien d’exceptionnel dans le contenu, mais le mérite du morceau est d’être plus exhaustif que beaucoup ne sont autour de ce thème. Personnellement, j’ai adoré la production, peut-être la plus lourde de l’album ! « L’argent c’est bien, le respect c’est mieux »… La limite de cette phrase est que, l’argent, tout le monde sait c’que c’est, alors que tout le monde n’est pas d’accord sur ce qu’est le respect. Une touche de morale gratuite, au fond plus symbolique que significative.

La track 4 est et restera sans doute la plus controversée de l’album. Le MC du 94 y parle de la crise identitaire que subissent nombre de jeunes français issus des minorités ethniques. Ne vibrant pas pour leur pays natal, la France, et n’ayant ni la nationalité ni la culture du pays de leurs ascendants, certains ont en effet du mal à se situer, et se sentent partout comme des enfants illégitimes, des bâtards. Dans le titre « Bâtard de Français », Kennedy non seulement n’insulte pas, mais s’inclut dedans. Même si ce texte colporte les clichés habituels (le système est contre nous, etc.), il a de novateur qu’il n’est pas unilatéral (« J’aime la France, je sais qu’il y a pire ailleurs »), et plus fécond que les « Ecoute la rue Marianne » & Co.

Dans « Yes We Can », Kennedy rejoint le discours d’un Kery James (d’ailleurs cité dans le 2ème couplet), et l’appui avec l’exemple le plus emblématique de notre temps : Barack Obama. Il prône la prise en main de sa vie, la gouvernance par la volonté. L’instru elle-même évoque l’émancipation et l’espoir. Un discours du 44ème président des États-Unis vient intensifier encore plus le morceau, une grande réussite.

Le 6ème son narre un contrôle de police, sur Ali Touré cette fois. Le texte est facile à suivre, les images efficaces, et les rimes assurent du rythme à l’épisode : « Au passage traverse une biatche élégante, elle regarde ma paire de jantes, j’regarde sa paire de jambes ». Kennedy se défoule le temps de ce récit, il prend sa revanche sous la forme du mépris : « Tu peux m’mettre des amendes, et ben j’les paye moi. C’que tu gagnes en un mois, j’le claque en un soir ». Un bon morceau dans son genre.

Puis, on entend des notes familières… celles d’Oseille ! A l’écoute de ce morceau au milieu des autres, on se souvient pourquoi il nous a fait aimer Kennedy. En effet, en plus du refrain chantonné et de l’excellente prod (signée Street Fabulous), ce texte est une grosse concentration de punchlines, telles que « MC je sais que t’apprécie c’que j’fais, mais faut qu’t’arrêtes vite de pomper l’cahier d’rimes re-frè » ou « Faut qu’j’perce dans l’son, qu’on change ces foutus rôles, que j’rentre en studio, que j’sorte un peu du hall », et bien d’autres.

Voici sans doute le morceau qui tournera le plus en boucle dans les voitures et dans les iPod : « Truc de ouf » ! Une instru un peu électro et un tempo rapide, pour un texte humoristique et sans prise de tête. Tout le monde aura déjà vécu un de ces trucs de fou que raconte Kennedy. Le résultat sera dangereux sur scène : « Quand j’saute dans la foule en concert » !

L’ambiance s’apaise pour le morceau suivant : plus grave, plus sérieux, relatant une histoire d’amour tourmentée mouvementée. Ce genre d’histoire se vivant à deux, on découvre le premier featuring de l’album : Ekila. Cette chanteuse ne fait pas que le refrain (rappelant irrésistiblement « Hate that I love you », de Ne-Yo feat Rihanna) : elle répond au rappeur dans le deuxième couplet. Ce type de collaboration se fait courant, mais il me semble vraiment que cet exemplaire est au dessus du lot lyricalement : Kennedy et Ekila mettent tous deux une grande authenticité dans leurs lignes, sans déchet, et laissant une impression globale de morceau sans grand défaut.

Après le marasme d’une relation en déperdition, le MC nous fait partager ses rêves d’évasion… Il veut Toucher le ciel, « s’allonger sur un lit de nuages », gouter la liberté de mouvement infinie des oiseaux. La mélodie est à la fois reposante et entrainante, jalonnée de punchlines venues de très haut « J’ai croqué la vie à pleines dents, l’avenir appartient à ceux qui braquent le présent ». Une grande lassitude de la vie quotidienne, exprimée (trop) crument, sans doute partagée de temps à autres par la plus part de ses auditeurs. Euh… tout le monde aura évidemment relevé le « Plus j’connais les Hommes, plus j’aime mon chien ».

La 11ème piste porte le nom de l’album : « Cicatrice ». Le choix du singulier interpelle. Il faut sans doute comprendre que toutes les douleurs ravivent la même cicatrice chez Kennedy : elle est liée à son fils, à sa scolarité, à la violence de son père, à sa solitude, etc. C’est un texte très intime que l’artiste nous livre ici, faisant de ce morceau le plus chargé émotionnellement et le plus sombre de l’album.

Ensuite, le rappeur du 9-4 envoie le titre « Trop 94 » pour l’hymne officiel du Val-de-Marne ! L’instru m’a tout de suite plu, mais les lyrics reste moyen sur ce titre : « Avant, on jouait aux billes avec nos crottes de nez, maintenant on vend d’la farine pour faire du blé. ».

On arrive là au morceau que Kennedy décrit lui-même comme le plus représentatif de l’album : un paragraphe autobiographique de plus de 5 minutes : « Flashback 2 ». Le protagoniste y retrace son parcours en tant que rappeur, en tant que fils, et en tant que père. Le ton est posé et plus conscient que dans « Flashback », de plus l’écriture est plus appliquée. On sent que le bonhomme a mûri. Sans doute magnifie-t-il un peu son histoire, mais on ne peut lui en vouloir tant que la qualité est au rendez-vous.

Peu de featuring ? Voici le morceau qui y palliera : « Le Ruemix » du Code de la Rue. Une combinaison exceptionnelle : Seth Gueko, Dry, Alonzo, Despo Rutti, Black Barbie, Ol’Kainry et Kennedy pour conclure. Malheureusement, aucun des MCs présents ne se surpasse lyricalement (Ol’Kainry ? Oui, le seul peut-être), mais les flows s’enchainent si bien que le résultat final est impressionnant de fluidité et d’harmonie, malgré des couplets médiocres, donc.

Enfin, le morceau caché : « Caillera ». Son message se rapproche de « 22 V'Là Les Keufs » : de la provocation, une revanche à prendre sur les humiliations subies, mais le tout sans s’énerver, sûrement une façon de mieux savourer sa victoire sur les formes sociales de déterminisme.

Dans l’ensemble, un bon album de rap français, où le maître de cérémonie a usé du hardcore sans en abuser, varié ses flows et ses approches musicales, et je pense ne décevra pas le public, malgré le risque qu’un gros buzz au moment de la sortie comporte. Kennedy a donc confirmé sa place sur la scène rap française, sans toutefois avoir montré de folles prouesses lyricales, il faut le dire. Cet album laissera-t-il des cicatrices au rap français ? Seul l’avenir nous le dira. Rendez-vous au prochain album !

-JoNas-
Ma note : 8
Posté Mar 17 Fev 2009
Bon premier album
Ma note : 8
Posté Mar 17 Fev 2009
Flow de merde, paroles pas toujours super, voix de merde... Bof...
Ma note : 5
Posté Mar 17 Fev 2009
va falloir que jle re écoute avant de le noté celui la, pr le moment je lui mettrai 13 ou 14!
Posté Mar 17 Fev 2009
Très bonne chronique, bon album, même si ce sera pas le skeud de l'année.

Je mets un 14,5, en étant généreux, les tracks s'enchaînent bien malgrès le faible niveau des lyrics en général.
Ma note : 8
    Posté Mar 17 Fev 2009
    j'ai plutot kiffer meme si je m'attendait a un peu mieu de la part de kennedy , mais pour un premiere album c'est correct

    bonne chronique!
    Ma note : 8
      Posté Mar 17 Fev 2009
      Niveau lyrical à élever quelque peu quand même, mais j'ai bien kiffé l'album

      Un 15, généreux, mais un 15 quand même.

      Bon premier skeud
      Ma note : 8
      Posté Mar 17 Fev 2009
      Déjà donné mon avis je fais un C/C :

      Album médiocre comme je l'attendais. D'après les quelques interview que j'avais vu de lui l'album reflète très bien son état d'esprit : T'as rien à raconter, tu sort un album quand même, tu fais du son histoire de faire du son. Mais pour palier son absence d'inspiration, il utilise l'échappatoire que beaucoup utilise dans le rap français : la phrase qui ressort 500 fois dans le son. Je m'explique. Dans l'album il y a par exemple Yes We Can ou Truc De Ouf qui marche comme ça, on a une phrase de base et on sort plein de phrases en rapport avec celle-çi pendant 4 minutes. Par exemple Yes We Can un noir au JT de 13H, Yes We Can un arabe président, etc... Enfin bref, il y a pas d'excuses à lui trouver, Kennedy et tous les rappeurs qui utilisent ce style de son pour remplir leur feuille sont ridicules, des sons comme ça n'ont aucun niveau et aucun intérêt.
      Ensuite au niveau des prods on a le droit a des sonorités classiques dans la rap français, du simple. Ou parfois, chose qui se multiplie dans le rap français, on a le droit a une prod bien lourde en basse et en cuivre, bien américaine (Nottament dans 22 V'la les keufs). Je trouve ça vraiment à chier de la part des prodos. Honnêtement on va pas dire d'un de ces prodos qu'il est créatif, des prods comme ça il en sort 10 par jour !
      Donc le reste de l'album que j'ai pas cité est plat, tant au niveau du texte qu'au niveau des instrus. Du simple, du classique dans le rap français. Je préfère encore 0.9 qui lui au moins a le mérite me faire rire, là à part Nique Sa Mère c'est pas marrant :coucou:
      Ma note : 6
        Posté Mar 17 Fev 2009

        enorme sign!!!!!! :lol: :lol: :lol:
        Posté Mar 17 Fev 2009
        album moyen voire naze certaines instrus sont sympz mais les lyrics sont tres faibles.et ya un peu trop de pompage de rime a mon gout
        Ma note : 5
        Posté Mar 17 Fev 2009
        Pour moi un album pas mal, quelques instru sympa, une voix pas mal mais quand même un flow simple. Trop classique quand même pour moi, rien d'innovant rien d'etonnant, on a l'impression que c'est du deja entendu malheureusement.

        J'ai quand même retenu quelques morceaux au dessus du lot comme : Le code de la rue, l'ouragan, batard de français et quelques autres mais des fois un peu trop electro a mon gout. A ecouter quand même.
        Ma note : 7
        Posté Mar 17 Fev 2009
        bonne album en général

        bonne prod' à signaler

        mon top 3 : YES WE CAN, CODE DE LA RUE, TOUCHER LE CIEL :good:
        Ma note : 8
        Posté Mar 17 Fev 2009
        Ca reste un gros album pour 2009 même si quand j'atendais un truc qui vale au moins 18 (je serai peut être décu d'avoir mis si peu avec le temps mais bon...) :good:
        Ma note : 8
        Posté Mar 17 Fev 2009
        Bon album :)
        Ma note : 8
        Posté Mar 17 Fev 2009
        Un bon premier album, pas du niveau de son premier street parce qu'au final c'est assez inégal mais ça n'empeche pas Kennedy d'avoir des coup de génie et de nous sortir des morceaux comme "Batard de Français" ou "Flashback II" qui sont très bon ...
        Ma note : 7

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