Stress, le rappeur suisse et moitié de Double Pact, sort son premier disque en France, Entre Deux Mondes. Épaulé par Yvan son fidèle producteur, Stress suit son chemin après la rupture du groupe.
Entre Deux Mondes est en fait sorti en 2007 sous le titre Renaissance. Après un succès dans sa nation, il décide de le sortir en France avec quelques modifications. Mais aura-t-il le même succès ?
Mode de vie ouvre le bal, sur une instru assez électrique et scratchée, le morceau présage un bon album. Le titre est dans la même veine que les derniers morceaux de son ancien groupe. Mais la track suivante nous remet vite les pieds sur terre. Mais où? La boucle musicale nous monte vite fait aux tympans et on en est pratiquement lassé avant même la fin du morceau. Orienté vers un style dirty de mauvais goût, le son n'a rien de transcendant. Et en plus de ça, on a droit à un refrain sans saveur. Stress joue plus sur le côté musical que le côté rap sur Entre Deux Mondes. Et cela ne marche pas souvent. On n'a qu'une terre, varie entre rap et pop-rock. Il nous avait déjà fait part de mélanges de ce type avec son compère Néga auparavant. Mais là, malgré la bonne composition mélodieuse, difficile d'adhérer au style. Mais au fond, l'originalité de ce titre donnera un autre goût musical à son public. Le milieu de l'album sonne creux, et Elle & Moi n'arrangera par la chose. Rien de rap dans ce titre, un refrain encore une fois qui finit par vraiment nous casser les oreilles. Et Stress n'apporte rien à ce titre à part ses chants qui ne marqueront personne.
Pour avoir le bon côté de l'album, il faudra faire un tri parmi le centre et attendre la fin de l'opus. Mélodies de nos vies, un des morceaux marquants par son refrain soul et entrainant. L'instru colle parfaitement au style du rappeur et il nous montre là le côté qu'on attend de lui. Un de ses points forts reste l'émotion. Le titre dégage ce sentiment à travers une ligne de guitare qui intervient à un moment bien rodé. Coté émotionnel, il continue sur 20.07.03, où il narre une page de sa vie : la tentative de suicide de sa femme. Sa femme, un thème qui revient plusieurs fois sur cet album. Chrysanthème pour Mme Bear, ici il écrit à sa femme et la considère comme le plus grand échec de sa vie. Stress parle beaucoup de lui, de ses sentiments intimes et également sur Zone où il n'hésite pas à dévoiler quelques moments de sa vie pendant 3 minutes 30. Et le titre dégage une fraicheur musicale avec un refrain très agréable à écouter. Mais paradoxalement à cela, on peut écouter Dur dur d'être Billy Bear, (Billy Bear, nom qu'il se donne) un titre bien rythmé sur lequel il va jusqu'à le parodier lui-même. À l'écoute de ce titre, on pensera forcément à un certain Eminem. Des fois, il n’en faut pas beaucoup pour donner à un morceau sa juste valeur. Et c'est sur ce même Des fois, que Stress maîtrise le mieux son flow.
Parmi les invités, on retrouve la première rappeuse de France, Diam's sur Plus rien ne nous touche. Sur un sample de guitare mielleux, le morceau traite de ce nouveau monde où plus rien de semble étonnant vis-à-vis de la nouvelle génération. Les deux performeurs posent de bons couplets en essayant de toucher les auditeurs par cette triste réalité. Mais avec un thème mille fois abordé (par Diam's même entre autres), le morceau reste candide. Ensuite survient Soprano sur Sacrifices. A croire que pour percer en France, il faut absolument se faire entendre avec ces deux rappeurs. Sacrifices, sera un son qui passera pas par une oreille et en ressortira par l'autre. Le morceau aurait pu être bon, l'instru est vraiment bien fait. Mais les deux MCs ne l'utilisent vraiment pas comme il le faut. On notera beaucoup de chant sur le titre de la part de Sopra M'Baba et Stress sur quasiment le morceau entier. On ne peut pas penser à Stress sans Néga, le tandem Double Impact se réforme à l'occasion d'un titre, Parès mais accompagné d'un troisième larron F.
Le côté RnB revient souvent sur cet opus. Beaucoup de refrains chantés qui n'apportent pas vraiment un plus à cette galette pour la plupart des chansons. Reste moi-même sera à zapper. Un stress qui chantonne mal et un refrain casse-noisette, voilà deux choses qu'on ne retiendra pas, ou que l'on retiendra, mais dans le mauvais sens. La chanteuse Karolyn va aussi marquer de son empreinte cet album sur Avenues. Ici le duo fonctionne à merveille. Stress assure avec un flow calme et des rimes bien posées. Et le refrain de Karolyn se marie parfaitement avec la musique d'Yvan.
Entre Deux Mondes se divise en deux. Une partie dont on ne s'arrêtera pas vraiment dessus, où il n'y a pas vraiment grand-chose à en tirer musicalement, mais aussi textuellement. Trop de chant qui baisse la qualité du disque. La deuxième partie qui se trouve surtout vers la fin de l'album est beaucoup plus intéressante. Le rappeur nous livre quelques échantillons de sa vie intime sur des instrus plus ‘tape-à-l'oreille’. Les titres les plus intimes sont les plus réussis. On regrettera donc ce grand vide au milieu de l'album qui pourrait nous freiner et donc ne pas découvrir la fin de Entre Deux Mondes.
Les 5 meilleurs titres pour ma part : Mode de vie, Mélodie de nos vies, Chrysanthème pour Mme Bear, Zone, Des Fois.
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